Thème 1 : Vue d’ensemble du gaspillage alimentaire

En France, les pertes et gaspillages alimentaires représentent environ 8  millions de tonnes de produits par an, pour une valeur commerciale estimée autour de 15  milliards d’euros.

Elle révèle la répartition de ces pertes et gaspillages comme suit :

  • 32 % pendant la phase de production ;
  • 21 % pendant la phase de transformation ;
  • 14 % pendant la phase de distribution ;
  • 33 % pendant la phase de consommation.

Pour la phase de consommation, cela se traduit par 30 kg par personne et par an de pertes et déchets à domicile (dont 7 kg de déchets alimentaires emballés non consommés), auxquels s’ajoutent les pertes et déchets générés dans la restauration collective ou commerciale.

  • L’empreinte carbone annuelle du gaspillage alimentaire est estimée à près de 15,5 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an en France. Le secteur agricole représente 21% des émissions de gaz à effet de serre. Ce chiffre passe à 36% si l’on considère l’ensemble des activités agricoles et alimentaires. Dans ce contexte, le gaspillage alimentaire contribue à lui seul à 3 % des émissions de gaz à effet de serre des activités nationales ;
  • En France, le coût du gaspillage alimentaire du champ à la poubelle est estimé par l’ADEME à 240 € par personne et par an si l’on rapporte ce chiffre à l’ensemble de la population française ;
  • D’un point de vue éthique, le gaspillage symbolise une société qui produit en abondance des biens et des aliments mais qui peine à les répartir équitablement entre ses membres, ce qui conduit à en jeter une partie.
  • 59 % jettent des aliments en raison de problèmes d’apparence, tels qu’un mauvais goût, une mauvaise odeur ou un emballage endommagé, tandis que 29 % sont influencés par des dates de péremption proches ou dépassées.
  • 16 % admettent qu’ils manquent de planification, qu’ils achètent ou cuisinent en trop grande quantité.
  • L’âge joue un rôle, les jeunes (18-24 ans) gaspillant souvent en raison des dates de péremption (42 %), contre 20 % des personnes âgées de plus de 65 ans. Il est surprenant de constater que 7 % des jeunes jettent des produits proches de la date de péremption, contre 1 % des personnes plus âgées. L’âge et le revenu ont une incidence sur les habitudes de gaspillage : les personnes âgées gaspillent moins et les ménages à faible revenu sont plus susceptibles de jeter des articles dont l’emballage est endommagé (15 % contre 3 % dans les ménages à revenu élevé).
  • Les aléas climatiques qui endommagent la récolte (sécheresse, inondations, tempêtes, etc.)
  • Les récoltes prématurées ou retardées en raison des conditions météorologiques
  • Le manque de produits (chimiques ou non) pour lutter contre les parasites (bactéries, insectes, prédateurs, etc.)
  • Le manque de formation ou de matériel agricole (notamment dans les pays les moins développés)
  • Les normes de calibrage (taille et forme des légumes, taille des poissons, etc.)
  • Les défauts esthétiques (taches, détérioration) les excédents de récolte
  • L’exclusion de certains produits qui ne répondent pas aux normes des entreprises industrielles
  • Le manque d’infrastructures et d’équipements (mauvaise optimisation de la production)
  • Le choix de jeter les aliments au lieu de les réutiliser (croyance que jeter coûte moins cher que réutiliser).
  • Les changements de machines qui nécessitent des changements dans le classement des produits alimentaires
  • La détérioration des produits pendant le transport
  • La rupture de la chaîne du froid ou mauvaise conservation des produits
  • Les lieux ou conditions de stockage inadaptés
  • Les commandes en surnombre (difficultés d’anticipation, manque de stockage, etc.) réapprovisionnement trop régulier des rayons
  • Loi Garot (2016) : Cette loi interdit aux supermarchés de jeter la nourriture comestible et les oblige à la redistribuer à des organisations caritatives ou de solidarité. Elle encourage également les restaurants à proposer des doggy bags pour emporter les restes.
  • Loi Egalim (2018) : Bien que centrée sur d’autres aspects de l’alimentation, cette loi s’attaque également au gaspillage alimentaire. Elle encourage les entreprises alimentaires à mesurer et à réduire leurs pertes tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
  • Plan national de lutte contre le gaspillage alimentaire (2013) : Bien qu’il ne s’agisse pas d’une loi, ce plan gouvernemental a été lancé pour réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici à 2025. Il encourage la sensibilisation, la collaboration entre les acteurs de la chaîne alimentaire et l’innovation.
  • Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (2020) : Bien que principalement axée sur la gestion des déchets, cette loi s’attaque également au gaspillage alimentaire en encourageant la lutte contre le gaspillage dans la restauration collective et en incitant les entreprises à donner leurs invendus alimentaires.
  • Charte zéro déchet (2013) : Cette charte encourage les entreprises à s’engager à réduire le gaspillage alimentaire dans leurs activités.
  • La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (2023) : Elle a cinq objectifs principaux et parmi eux la lutte contre le gaspillage et la promotion du réemploi solidaire. La loi renforce la lutte contre le gaspillage alimentaire en relevant ses objectifs. Les secteurs de la distribution alimentaire et de la restauration (supermarchés, cantines, etc.) devront réduire le gaspillage alimentaire de 50 % par rapport à 2015 d’ici 2025. Les secteurs qui produisent ou transforment des denrées alimentaires, ainsi que la restauration commerciale, devront également réduire leurs déchets alimentaires de 50 % par rapport à 2015 d’ici à 2030.